mercredi 2 septembre 2009

QUELLE FAMILLE ?



À travers le temps et l’espace, les relations entre les proches ont donné lieu, donnent lieu et donneront lieu à différentes approches.
Il arrive par exemple dans ces relations que le sens de ce qui est important soit confus et que la portée du lien ne soit pas saisie.
Les relations entre les proches peuvent alors en souffrir et se traduire par des dégâts.[1]
Cependant, lorsque le sens et le lien sont compris, les relations peuvent déboucher sur le meilleur.
En effet, nul ne peut égarer une personne à qui Allah[2] accorde la Guidance.[3]


BOUAZZA


[1] Qui peuvent « gâcher la vie » comme il est dit en langage courant.
[2] Dieu.
[3] Alhidaaya en langue Arabe.

lundi 31 août 2009

ATTAQWA



En France, il y a des enfants blonds et d’innombrables autres qui ne le sont pas.
Lorsqu’ils vont à l’école, les uns et les autres sont des écoliers.
Cependant, pour continuer à alimenter une sorte de rituel qui tient à présenter la France comme le pays des enfants blonds, chaque rentrée scolaire sert à rappeler que c’est la fin des vacances pour « nos chères têtes blondes ».
Les croyants et les croyantes savent que parmi les êtres, le plus noble auprès d’Allah,[1] l’est par la piété.[2]

BOUAZZA


[1] Dieu.
[2] Attaqwa en langue Arabe.

vendredi 28 août 2009

PRIVILÈGES


C’est le mois de ramadane.[1]
Les croyants et les croyantes ont le privilège de jeûner.
Du Bonheur.
Nous sommes reconnaissants à Allah[2] pour ce privilège et pour tous les privilèges de l’Islam.[3]

BOUAZZA

[1] Ramadan.
[2] Dieu.
[3] L’Islam consiste à faire de son mieux pour adorer Allah, comme Allah le demande.

mardi 25 août 2009

QUE FAIT-ELLE?



Dès le lendemain de mon arrivée dans le Sud-Est de la France où je passe un certain temps en été, je mets tout en place pour qu’elle ne manque de rien et je l’attends.
En général, elle est au rendez-vous et ne me prive pas de sa compagnie. Les quelques moments passés avec elle, sont une richesse inépuisable.
Son long périple pour arriver dans la région, n’affecte pas sa beauté : Douceur du regard, finesse de la démarche, splendeur de la parure.
Dans le jardin où je l’attends, avec des arbres, des fleurs, des oiseaux et autres, nous glorifions Allah,[1] Seigneur des Univers.
À l’endroit où elle se trouve, je sais, de Source Sûre, qu’elle fait de même et accomplit ce pour quoi elle a été créée.
Comme les autres tourterelles.

BOUAZZA

[1] Dieu.

lundi 24 août 2009

SYLVAIN



Sa peau est noire. Comme celle de Bilal.[1]
Son cœur est couleur d’Espoir.
Il a fréquenté le même collège que mon fils aîné, dans la banlieue de Paris, en France.
Ils se sont mieux connus quelques années plus tard et sont restés en contact.
Ils ont beaucoup échangé sur le Sens et le Lien. Sur l’Islam.[2]
Il a fait part à mon fils de sa décision de retrouver ce qui lui vient d’avant qu’il ne soit.[3] D’aimer à retrouver la Raison.[4]
Mon fils aîné est devenu son frère en Islam. Mon autre fils aussi.
L’année dernière, son père a quitté ce monde.
Lui est resté avec sa mère.
Il vient d’avoir une crise cardiaque et son existence ici-bas a pris fin.
Nous sommes à Allah et à Lui nous retournons.
Qu’Allah le couvre de Sa Miséricorde et nous unisse au Paradis Suprême.[5]


BOUAZZA




[1] Un des premiers compagnons du Messager et Prophète Mohammad, bénédiction et paix sur lui.
Esclave, il a compris que l’affranchissement est dans la Résistance pour l’Islam.
Les tortures, les mauvais traitements, les insultes et autres n’ont fait que renforcer sa Foi.
Le Messager et Prophète Mohammad, bénédiction et paix sur lui, l’a désigné pour assurer les appels à la prière, pour être « mouaddine » (ce mot en langue Arabe a été repris en Français et se dit muezzin).
[2] L’Islam consiste à faire de son mieux pour adorer Allah, comme Allah le demande.
[3] La Foi.
[4] Être musulman (mouslime en langue Arabe) : Faire de son mieux pour adorer Allah, comme Allah le demande.
[5] Au Firdaws Ala’laa (le « r » roulé).

jeudi 6 août 2009

VOYAGE AVEC MON PÈRE


Vers la fin de l’année 1969,[1] avant d’aller en France pour des études universitaires, j’ai quitté Rabat[2] et rejoint Agadir[3] où un jour, mon père qui partait à Tan Tan[4] pour rendre visite au responsable militaire de la garnison, m’a demandé de l’accompagner. Il avait sans doute senti que je n’y tenais pas[5] et avait souligné qu’il fallait toujours saisir toutes les occasions pour connaître son pays. Il a ajouté que parfois, les occasions ne se représentent pas.
À l’époque, je ne connaissais pas grand-chose aux relations internationales. Le Maroc[6] a été colonisé bien sûr, comme le reste de l’Afrique et d’autres territoires dans d’autres continents. Il a été, avec la participation des traîtres locaux à tous les niveaux, partagé entre des pays colonisateurs, principalement la France et l’Espagne.[7]
Avec ce qui a été appelé en 1956 « l’indépendance dans l’interdépendance », c’est un pays[8] meurtri, démembré, disloqué, souillé, livré à de nouveaux trafics en tous genres.
Des centaines de milliers de ses hommes, femmes et enfants ont été exterminés.
Partout des cendres de vies éteintes, calcinées.
Depuis longtemps déjà, les puissances internationales se partagent les interventions dans l’instauration, l’organisation, le fonctionnement et le remplacement des « États »[9] et de leurs employés locaux[10] tenus de servir les objectifs des employeurs qui, en échange, ne les privent pas de s’accaparer de ce qu’ils veulent dans les pays où ils sévissent, en violant les droits les plus élémentaires des populations.[11]
Les éléments de désagrégation et de destruction consolident leur règne. Le malaise s’étend. La cassure s’aggrave. Le déséquilibre se renforce. La mémoire continue de s’infecter.
En 1957, pour garder la région de Chnguite[12] ¨sous son contrôle, le colonialisme français, par l’opération dite Écouvillon, est intervenu aux côtés de l’armée espagnole pour lui permettre de continuer à occuper des territoires du Sud du Maroc : Tarfaya,[13] Ifni, Saguia Lhmra[14] et Oued DDahab[15]
Les territoires de Tarfaya et d’Ifni ont été évacués en 1958 et 1969. Après une « marche verte » en 1975, le colonialisme espagnol a annoncé son retrait[16] de Saguia Lhmra et d’Oued Addahab (Sahara dit Espagnol).[17]
Revenons au voyage.
Tan Tan[18] est à plus de 300 kilomètres au Sud d’Agadir. Un peu en retrait de la côte Atlantique. Nous sommes partis le matin. Pendant le trajet, mon père m’a certainement raconté beaucoup de choses.[19] Je ne me souviens de rien. Concernant la demeure du responsable militaire de la garnison, je me rappelle d’un salon et au milieu, une peau de panthère avec la tête de l’animal. Des soldats s’affairaient et s’occupaient de tout. Nous sommes restés deux jours je crois. Ai-je quitté la maison pour voir Tan Tan ? Je ne sais pas. Mon père et son hôte[20] l’ont-ils fait ? Je ne sais pas non plus. Ce dont je me souviens, c’est qu’ils ont passé beaucoup de temps à discuter. De quoi ? Mystère. Je n’étais pas convié à partager leurs échanges qui, en ma présence, prenaient une tournure banale. Mon père ne m’a jamais parlé des raisons de cette visite. Pourquoi j’y pense aujourd’hui ? Est-ce parce que je veux deviner ce que ce voyage « cachait » ? Est-ce parce que c’est le seul voyage que nous avons fait ensemble, mon père et moi ? Est-ce parce que je veux penser que mon père m’a, en fait, invité à faire le « voyage » vers lui ? Est-ce parce qu’il est possible que ce soit une tentative de sa part de faire le « voyage » vers moi ?[21]
Lorsque mon père était encore de ce monde, je n’ai jamais pensé à ce voyage.
Peu de temps après Tan Tan,[22] j’ai quitté le Maroc pour la France.[23]

BOUAZZA


[1] À quelques mois de mes vingt ans.
[2] Arribate (le « r » roulé).
[3] Le « r » roulé.
[4] Tane Tane.
[5] Il ne m’avait jamais demandé de faire ce genre de voyage avec lui.
[6] Mghrib (le « r » roulé).
[7] S’agissant de territoires, l’Espagne continue d’occuper des îles au Nord, ainsi que les villes de Sbta (Ceuta) et Mlilya (Melilla).
[8] Qui a connu, comme d’innombrables autres, la terreur, les horreurs, la tyrannie, le despotisme, le mépris, les manipulations, les supercheries et les impostures, bien avant le colonialisme, le néo-colonialisme et l’impérialo-sionisme.
[9] Des « États » qui s’y connaissent en crimes, en massacres, en tortures, en malversations, en cupidités, en perfidies, en pillages, en mensonges, en débauches, en vices, en perversités, en supercheries, en impostures et autres.
[10] Qui savent être serviles, oppresseurs, tyranniques, malfaisants, malsains, pervers, débauchés, sanguinaires, vendus, corrompus, imposteurs, traîtres.
[11] Mais les crimes, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent, n’élimineront jamais la Résistance des croyants et des croyantes.
[12] Devenue « État » de Mauritanie, créé par la France en 1960, avec, bien entendu, des employés locaux en service commandé. À l’Est, le colonialisme français s’est emparé de territoires pour les rattacher à ce qui était appelé « département français d’Algérie » et jusqu’à aujourd’hui, les ingrédients qui font les affrontements insolubles ne manquent pas entre les « États » du Maroc et de l’Algérie, mis en place, avec des employés locaux évidemment, pour continuer à opprimer les populations et servir les objectifs des employeurs.
[13] Cap Juby.
[14] Assaqia alhamra (le « r » roulé), le Ruisseau Rouge, la Rigole Rouge.
[15] Ouad Addahab, la Rivière d’Or, le Fleuve d’Or.
[16] Une « République Sahraouie » a été proclamée, avec, bien sûr, des employés locaux, pour l’installation, un jour ou l’autre, d’un « État » sur ces territoires.
[17] Texte daté de 1992.
[18] Territoire faisant partie du début du Sahara.
[19] Il aimait parler.
[20] C’était un de nos voisins à Agadir où il revenait en général une fois par semaine pour passer un moment avec son épouse et leurs enfants qui ne vivaient pas avec lui à Tan Tan. Il est décédé dans un « accident » d’hélicoptère. Plus tard, un de mes frères a épousé sa fille. Ce mariage n’a pas duré.
[21] Nous n’étions pas à l’aise l’un avec l’autre.
[22] Ce qui n’était qu’une garnison militaire a beaucoup changé paraît-il, et Tan Tan est maintenant une « cité importante ».
[23] Où je suis installé aujourd’hui avec mon épouse et nos enfants.

mercredi 5 août 2009

LA PLUIE




Des éléphants plongent leur trombe dans la terre à la recherche de l’eau. D’autres animaux font comme ils peuvent et creusent pour la même raison. Tous savent, de Source sûre, qu’il y a des moments où il faut chercher l’eau dans les profondeurs.
La difficulté de se procurer le précieux liquide consolide l’endurance.[1]
Devant le téléviseur, mes sens sont en éveil et veulent tout capter du reportage sur cette marche en pleine canicule dans la savane. Je suis au milieu des buffles, des zèbres, des girafes et autres, à la recherche d’une petite mare non encore desséchée.
Nous ne comptons pas le temps et nous ne mesurons pas l’espace. Ce qui doit être sera. Le but est dans nos cœurs.
Les pas s’affaiblissent. La fatigue gagne. L’épuisement guette. La souffrance augmente.
Mais l’espoir demeure.
Nous sentons l’approche de l’offrande.
Des gouttes descendent du ciel, nous effleurent puis, de plus en plus nombreuses, nous rafraîchissent, nous lavent, nous purifient, nous abreuvent et étanchent la soif de la terre.
Louange à Allah,[2] Seigneur des Univers.
Des larmes coulent.
Flots de pensées.
Averses d’images.
Afflux de sensations.

BOUAZZA

[1] Assabr en langue Arabe (le « r » roulé).
[2] Dieu.