samedi 4 avril 2009

EN BABOUCHES ON NE PEUT PAS AVANCER



1933. Les généraux Catroux, Giraud et Huré, avec des dizaines de milliers d’hommes parmi lesquels des Sénégalais, des Maghrébins et autres, enrôlés dans les troupes colonialistes de la France, veulent mettre fin à la Résistance des Ayte ‘Atta,[1] au Maroc.[2]
C’est l’hiver. Dans le Sud, la chaîne montagneuse dite du Haut Atlas se soude au socle Saharien. Le jbl[3] Sarhro (Saghro) domine le sillon du Dads[4] et aide les Ayte ‘Atta à mieux tenir. La cuvette de Bou-Gafr,[5] qui constitue une partie du Sarhro, sert de forteresse à ‘Assou Oubaslam et à ses compagnons, des hommes, des femmes, des enfants déterminés à défendre ce qu’ils ne veulent pas abandonner.
Le paysage est vertigineux. La volonté ferme. La flamme ardente. La Foi inébranlable.
Les troupes colonialistes de la République ne comprennent pas comment une telle Résistance est possible. Des soldats sont saisis d’effroi face aux pertes de plus en plus nombreuses en vies humaines.
Une accalmie.
Un officier colonialiste est en train d’agoniser. Il se revoit écoutant des exposés, lisant des rapports, des articles, des bouquins ou bavardant avec des collègues :
« Ici, la volonté d’isolement des populations ne peut plus durer. Nous devons imposer le renouvellement. Ces indigènes doivent se mettre à l’heure de notre logique. La République se doit d’anéantir leur xénophobie. Nous apportons nos règles et notre grandeur pour sauver ces masses incultes. Nous sommes des pacifistes, parce que nous sommes ici pour pacifier cette terre. Nous devons pénétrer ces indigènes profondément. Avec finesse et psychologie. La République doit leur apprendre à moderniser leur économie et leurs sentiments. Avant nous, elles n’avaient rien. Avec nous, elles auront tout. La République a la charge d’éveiller les consciences. Nous allons assurer leur intégration dans notre univers. Leur assimilation. Nous devons développer cette terre et faire de ces indigènes des salariés reconnaissants. Il suffit de bien les étudier pour obtenir d’eux le meilleur rendement. En héritiers des légions Romaines, nous forcerons l’admiration. Nous devons partout, et par tous les moyens, imprimer les marques de notre pensée régénératrice. Le sang qui coule fertilise cette terre et rend féconde notre action qui a toujours entraîné l’enthousiasme. Nous sommes les missionnaires du droit international et de la civilisation universelle. Nous combattons des assassins et des barbares. La valeur de nos combattants, notre aide humanitaire, notre service médico-social sont exemplaires.
La colonisation ne se fait pas avec des pucelles et des rosiers. Notre mode de colonisation et notre domination ne sont égalés nulle part. Ils sont la preuve de notre génie. Cette terre est une réserve pour la métropole. Les indigènes ont besoin des maîtres que nous sommes. C’est pour leur bien que nous faisons ce que nous faisons. Il faut que les indigènes rentrent dans l’Histoire. Il faut qu’ils se soumettent à République. Nos intérêts sont des droits. Nous résister est un crime, il faut donc être sans pitié pour les criminels, les éliminer tous s’il le faut, pour que notre loi soit répandue. Rien ne doit freiner notre marche. La République doit imposer le respect. L’Etat doit mettre fin au délire des fanatiques sauvages. C’est une action qui a commencé depuis longtemps. En jllaba,[6] on ne peut pas penser. En babouches,[7] on ne peut pas avancer. »
L’officier colonialiste perd beaucoup de sang. Il fait un effort désespéré, parvient à sortir deux photos de sa poche. Sur l’une, il est avec sa jeune épouse, le jour du mariage, devant un édifice sur lequel apparaissent trois mot : Liberté-Egalité-Fraternité. L’autre photo est celle de deux enfants. Les siens. Il la pose sur sa bouche et rend le dernier soupir de son existence ici-bas.
Le jour n’est pas encore levé. Dans une grotte, quelques personnes et un chien dorment paisiblement. Dans une grotte voisine, des femmes donnent le sein aux bébés. D’autres femmes et des hommes prient.
L’accalmie est de courte durée.
Les combats reprennent. Les forces du colonialisme procèdent à des bombardements ininterrompus. Des éléments parmi les troupes de l’invasion semblent épuisés, saturés et effrayés devant la Résistance de ces populations qui paraissent se dissoudre dans l’espace et qui ont du temps une notion Autre.
Les bombardements font rage. Pendant presque deux mois. Sans répit. Jour et nuit.
Un matin, ‘Assou Oubaslam, tenant une fille dans ses bras et la couvrant d’une partie de son slham,[8] décide avec le reste des enfants, des femmes et des hommes de quitter la montagne.
Un nuage voile la clarté du jour. Ce nuage n’est pas dans le ciel, mais dans les yeux de ‘Assou Oubaslam. Des yeux qu’il n’a pas voulu empêcher de se remplir de larmes.



BOUAZZA


[1] Aït ‘Atta.
[2] Maghrib.
[3] Jbel, jabal : Montagne.
[4] Dadès.
[5] Bou-Gafer.
[6] Djellaba. Habit long à capuchon, en laine ou autres, porté par les indigènes au Mghrib, ou ailleurs.
[7] Blgha. Chaussure plate, généralement en cuir, ouverte derrière, portée par les indigènes au Mghrib, ou ailleurs.
[8] Brnous, Burnous. Cape à capuchon, généralement en laine, portée par les indigènes au Mghrib, ou ailleurs.

dimanche 29 mars 2009

LA MER VEILLE




La couleur jaune du mimosa, entouré du vert d’autres arbres, s’élance vers le ciel bleu de ce matin de printemps.
Des prunus roses, des lilas rouges, d’autres plantes et d’autres créatures, adressent des louanges à Allah.
Je fais de même.
Un chat gris finit de se réveiller.
Sur la plage, je chemine en compagnie de mon épouse et d’une de mes sœurs qui nous invite au bord de l’océan Atlantique, et avec laquelle, à un certain moment, les contacts étaient réduits, pour ne pas dire inexistants.
Des vagues affluent et refluent. Du sable fin mouillé, décoré de coquillages. Des mouettes, les pieds dans l’eau, jouissent des rayons du soleil. D’autres oiseaux se procurent leur pitance au retrait des vagues, et se déplacent à une vitesse fabuleuse. Des chiens gambadent, observés de loin par les personnes qui s’en occupent. Par moments, un cavalier ou une cavalière passent sur un cheval au galop. Quelques enfants jouent.
La mer et le ciel se rejoignent et me permettent de voir des mots que tout le monde ne voit pas. Un temps et un espace Autres.
La nuit, sous le regard des étoiles, nous arpentons des rues vides. Parfois, une voiture surgit et disparaît dans le noir.
La marée monte vers la cité endormie.
La mer veille et accomplit la mission que lui a confiée Allah, Le Seigneur des Univers.



BOUAZZA

vendredi 27 mars 2009

DES MAUX



Dans toutes les opérations pour détruire l’Islam et l’Arabe, les mots accompagnent les autres moyens et s’avèrent souvent aussi dangereux, voire plus terribles. Tel un virus, ils répandent l’infection et aggravent les menaces.
Les mots « beur » et « beurette »[1] par exemple, sous de multiples couverts d’extrême gauche, de gauche, du centre, de droite, d’extrême droite et autres, visent à faire oublier, ici en métropole, les mots Islam et Arabe.[2]
Les attaques contre la Mémoire ont existé, existent et existeront.
Notre Résistance aussi.


BOUAZZA


[1] Qui désignent en France les jeunes dits d’origine Arabe.
[2] Le mot Islam est utilisé pour dire Arabe et inversement.

dimanche 22 mars 2009

LES ARABES AUSSI PEUVENT ÊTRE MUSULMANS



Chaque être peut vivre l’Islam[1] si Allah lui accorde la guidance.[2]
Mohammad, le dernier Prophète et Messager, bénédiction et paix sur lui, était Arabe.[3] Il a été envoyé par Allah à toute l’humanité.
Des Arabes et d’autres, l’ont violemment combattu parce qu’ils s’opposaient à l’Islam.[4]
Des Arabes et d’autres, l’ont soutenu parce qu’ils ont été guidés vers l’Islam.[5]
Des Arabes et d’autres, continuent et continueront de combattre l’Islam.
Être Arabe ne signifie donc pas être musulman ou musulmane.[6]
On peut s’appeler Mohammad ou Fatima, connaître la langue Arabe, mettre des vêtements Arabes, manger de la cuisine Arabe et ne pas vivre l’Islam.
On peur s’appeler Jean ou Marie, David ou Sarah, Frantz ou Virginia, Boris ou Natacha, Yasumari ou Yuko, John ou Betty, Geronimo ou Belle-Fleur et que sais-je encore ? Ne pas connaître la langue Arabe, ne pas mettre des vêtements Arabes, ne pas manger de la cuisine Arabe et vivre l’Islam.
Autrement dit, l’Islam n’est pas une question d’ethnie, de tribu, de clan, de classe sociale, de sexe, de couleur, de langue, de parti politique, de pays, de nationalité, de pays, d’Etat ou de je ne sais quoi d’autre.
Les représentations, les fantasmes, les mythes et tout ce qui en découle, ne peuvent jamais anéantir cette Vérité.
Le Message d’Allah est Un.
Il s’adresse aux Univers.
S’agissant de l’humanité, les Prophètes et les Messagers, de Adame (Adam) à Mohammad, bénédiction et paix sur eux, ont eu pour mission de faire connaître ce Message.
Le même Message.



BOUAZZA


[1] Adorer Allah comme Allah le demande.
[2] Alhidaaya.
[3] De l’Arabie d’aujourd’hui.
[4] D’autres Prophètes et Messagers, bénédiction et paix sur eux, ont été combattus.
[5] D’autres Prophètes et Messagers, bénédiction et paix sur eux, ont été soutenus.
[6] Mouslim ou mouslima.

vendredi 13 mars 2009

ET APRÈS ?



Comme vous le savez, tout est fait pour mettre encore plus les populations sous contrôle et mettre au pas les croyants et les croyantes un peu partout. Le colonialisme, le néo-colonialisme, l’impérialo-sionisme et les pratiques de domination de ce genre au niveau global, usent de tout à cet effet et ne ménagent aucun moyen pour alimenter leurs tromperies. Même les crimes contre l’humanité sont appelés « défense de la liberté et des droits de l’homme ». L’invraisemblable est soutenu. Les coups les plus inimaginables sont montés. Les manipulations les plus incroyables sont pratiquées. Les mensonges les plus éhontés sont servis. Et le « public » acquis applaudit.
Dans les pays dits du tiers-monde, les systèmes mis en place, sanguinaires et tyranniques, doivent tenir les populations, et tout mettre en œuvre pour servir les intérêts de leurs patrons. Lorsque ces systèmes de « l’indépendance dans l’interdépendance » ont du mal à remplir leur rôle ou veulent un peu plus que ce qui leur est octroyé, les patrons les remplacent (y compris en simulant des « élections démocratiques »). Lorsque ces patrons estiment qu’il est plus sûr d’envoyer leur soldatesque dans diverses parties du monde pour défendre leurs intérêts (pétrole, gaz, autres matières premières, main d’œuvre taillable et corvéable à merci, bases militaires et que sais-je encore ?) ils le font – comme ils l’ont fait avant et le feront après – en s’adonnant aux campagnes d’extermination, aux carnages, aux vols, aux destructions et en répandant le terrorisme, la famine, la puanteur, la pourriture, les ténèbres.
Les innombrables massacres des populations au niveau de la planète pour poursuivre les pillages et amasser toujours plus de richesses continuent et continueront.
Le « public » va bientôt assister à l’intervention militaire en Iran, destinée à mieux assurer la main mise sur le pétrole et à écraser encore plus les populations. Le système mis en place, ne donne pas entière satisfaction. Le « public » est prêt pour les applaudissements.[1]
Et après ?
Les populations feront face, encore et encore, aux attaque de toutes sortes. La Résistance en Palestine, en Iraq, en Afghanistan, au Pakistan, en Iran, dans des territoires pétroliers autrefois sous occupation soviétique et ailleurs, ne s’arrêtera pas.
Les invasions, les destructions, les massacres, les crimes, les corruptions, les servilités, les compromissions, les trahisons, les viols, les tortures, les abjections, les cynismes et autres n’élimineront jamais les croyants et les croyantes.



BOUAZZA


[1] Les médias l’assurent qu’il va apprécier le spectacle.

jeudi 26 février 2009

LISSE-LAME-AU-LOGIS


« Voyez-vous, la problématique de lisse-lame[1] est à situer dans le contexte économico-politique, socio-culturel, historico-linguistique, sans négliger les caractéristiques géographico-climatiques et les aspects de représentation et autres. Un phénomène où tout s’enchevêtre et où la confusion règne s’analyse forcément, à plusieurs degrés. Le premier degré se divise en trois points qui eux-mêmes se subdivisent en trois catégories. J’ai toujours été le premier à expliquer que le premier degré dans le premier point, soulève ce que les anglo-saxons traduisent par... »
A la télévision en France, l’intervenant fait ce qu’il veut. Comme dans les autres médias et ailleurs. Les systèmes mis en place dans les pays dits arabo-musulmans, ou autres, il les connaît, comme s’il les a fait et en tire profit depuis longtemps. Il sait par exemple, de longue date, spéculer sur les « inter-minables questions que soulève lisse-lame-au-logis ».[2] Le tout bien entendu pour « le triomphe des droits de l’homme et de la liberté. »
Avec d’autres, « spécialistes sans frontière », comme lui, toujours pour « le triomphe des droits de l’homme et de la liberté », il amasse des fortunes en « conseils », y compris aux femmes des « émirs ».
A la télévision, l’intervention est interrompue pour une pause publicitaire, « dans le respect des droits de l’homme et de la liberté » bien sûr :
La porte s’entrouvre. Une chambre à coucher. Petite culotte par terre. Eclairage tamisé. Sons pour indiquer qu’une femme est en activité sexuelle. Puis silence. Zoom sur la porte. Un chien, berger Allemand, quitte la chambre à coucher. Gros plan sur un top modèle, en petite tenue, qui suit le chien et dit d’une voix veloutée : « Son plaisir à lui, c’est après. Lorsque je lui ouvre sa boîte de libertoutou. C’est sa liberté ».
Fin de la pause publicitaire. L’émission sur lisse-lame-au-logis reprend. L’intervenant enchaîne :
« Les anglo-saxons traduisent par... »



BOUAZZA

[1] L’Islam.
[2] L’Islamologie.

NI VENDUES NI ACHETÉES



De l’eau continue de couler sous les ponts, comme dirait l’autre. Des saisons succèdent aux saisons. Et des êtres continuent de mettre un pas devant l’autre. Chacun à sa manière. Chacun à son rythme.
L’installation d’un noir dans une maison blanche[1] est l’« exploit » du moment. Elle peut beaucoup servir. Elle peut aider à faire oublier le génocide des Indiens, l’esclavage, les bombes atomiques contre les populations du Japon, Les exterminations au Vietnam, au Cambodge, au Laos et dans d’autres régions d’Asie, les massacres en Amérique du Sud, les crimes contre l’humanité dans les pays dits Arabo-Musulmans et autres, la haine répandue et entretenue partout et que sais-je encore ?
Un noir dans une maison blanche, peut aussi inciter d’autres à sauter sur l’occasion pour essayer de consolider la négation des horreurs en tous genres infligées à des populations qui ont refusé le colonialisme et qui résistent encore contre sa continuation par d’autres moyens à l’échelle planétaire.
En France, les mesures pour la « diversité » peuvent aller dans ce sens. Un dîner avec les« grands » pour « Lisse-lame-là-hic[2] » également. C’est un peu dur, mais faisable. Comment ?
Un peu plus de maquillage, quelques autres tours de passe-passe, une image estampillée par le B.A.I. (Bureau des Affaires Indigènes) avec un profil amélioré et un faciès photogénique.
Les médias s’y connaissent et ont l’habitude des mises en scène : Encensement de l’emballage et extase devant le renforcement des « droits de l’homme et de la liberté ».
Avant de commencer le dîner au champagne avec les « grands », il serait bon qu’une « musulmane laïque », en coiffure émancipée et en robe de femme libérée, soit chargée de faire une déclaration devant les caméras, (lire un texte préparé par le B.A.I).
Les parents de la « musulmane laïque », installés, pour la circonstance, avec les « grands », auront sûrement du mal à la reconnaître. Ils doivent être plus qu’impressionnés. D’ailleurs la « musulmane laïque » elle-même, en se voyant dans une glace, aura du mal à savoir que c’est elle. Relookée.
Dans un décor « universel » et au son d’une musique « républicaine », toutes les caméras, d’extrême gauche, de gauche, du centre, de droite, d’extrême droite doivent être braquées sur le doux visage de la représentante de « lisse-lame-là-hic ». Elle fixe la caméra principale dans l’oeil et déclare :
« Ni vendues ni achetées, nous sommes des personnes qui venons de partout, et qui sommes, comme vous le savez, attachées à la francité. Notre « islam laïc » est un mariage d’amour de la diversité et de la francité justement. Ce mariage, c’est la marche qui continue, sous les auspices de la République. »
Le tonnerre d’applaudissements a fait croire à l’explosion d’une « bombe terroriste », et le lieu a été évacué.
C’est à ce moment que je me suis réveillé pour aller pisser.



BOUAZZA


[1] En vrai, ce noir ne peut même pas tenter de demander une peinture d’une autre couleur, pour la maison blanche.
[2] L’Islam laïc.