vendredi 20 février 2009

RÉVEIL



Le jeudi 5 février 2009, après la prière de alfajr et assobh,[1] je me suis endormi et j’ai fait un rêve.
Un appel téléphonique d’une sœur (je n’ai pas vu laquelle) m’apprend que notre père « s’est réveillé de la mort »,[2] qu’il est revenu les voir, et me réclame, ainsi que mon frère cadet (il me réclamait avant son décès le samedi 4 octobre 2008).
Comment est-ce possible ?
Je n’arrivais pas à imaginer mon père revenant de la tombe pour les voir. Je ne comprenais pas. Ma sœur m’a passé mon père au téléphone, il a dit quelque chose, je ne sais pas quoi (avant son décès, je l’avais eu au téléphone, il avait dit quelque chose, je n’ai pas su quoi). Je lui ai demandé, en pleurant, de m’expliquer comment il était possible qu’il se réveille[3] de la mort pour retourner voir la famille ?
Je pleurais et répétais : Allah Akbar.[4]
Une autre sœur, toujours dans le rêve, était présente, et j’ai voulu lui raconter ce que je venais d’apprendre. Au moment où j’allais vers elle, le téléphone a sonné et elle s’est mise à écouter ce qui m’a été dit au sujet de notre père.
J’ai pensé au voyage et j’étais un peu préoccupé (je n’étais pas présent au décès de notre père, que je n’ai pas revu depuis plusieurs années).
Au réveil, j’ai raconté ce rêve à mon épouse qui a écouté et n’a rien dit de spécial. J’ai ensuite téléphoné à ma sœur qui était avec moi dans le rêve. Elle m’a dit que lorsqu’elle rêve de personnes décédées, elle récite ce qu’elle peut du Qoraane,[5] et invoque la Miséricorde d’Allah. J’ai fait de même.



BOUAZZA

[1] Du matin.
[2] Faq mne lmoute.
[3] « Les gens dorment, et lorsqu’ils meurent, ils se réveillent. » (annaçou niame wa ida matou istayqadou).
[4] Allah est plus Grand.
[5] Coran

samedi 7 février 2009

LES PERDANTS


On peut ne pas être « cultivé » et atteindre la Connaissance, comme on peut être « cultivé » et rester dans l’ignorance.[1]
L’Adoration d’Allah comme Allah le demande,[2] n’a pas été imposée à l’être humain. Autrement dit, l’être humain n’est pas contraint à l’Adoration d’Allah.
Allah lui a accordé la Liberté de choisir.
Chacun est donc Libre de croire ou de ne pas croire.
Et de ce fait, chacun est responsable de son choix.
Qui sont alors les perdants ?[3]
Ce sont ceux et celles qui pensent bien faire alors que l’ensemble de ce qu’ils font est comparable à de la cendre qu’emporte le vent.
Ceux et celles qui nient les Signes et l’existence d’Allah.
Ceux et celles dont la rétribution est l’Enfer.


BOUAZZA


[1] Aljahl. Les ténèbres.
[2] L’Islam.
[3] Voir Alqoraane (Le coran), sourate 18 (chapitre 18), Alkahf (La caverne), ayate 103 à ayate 106 (verset 103 au verset 106).

samedi 24 janvier 2009

L’APPORT


L’Islam[1] n’est pas né à l’époque où Mohammad, sur lui la bénédiction et la paix, a commencé sa mission de Messager et de Prophète.[2]
Pour l’humanité[3], l’Islam a commencé avec le premier être humain, Adame[4] sur lui la bénédiction et la paix.
Ainsi, l’apport de l’Islam pour une organisation de différents groupes d’une population par exemple, remonte t-il au début de l’humanité.
Dans sa mission[5] de dernier Envoyé d’Allah, Mohammad[6] s’est occupé de cette organisation.
Après alhijra[7] de Macca[8] à Yatrib,[9] des points importants ont été consignés dans un document, considéré par Mohammad Hamid Allah comme étant « la première constitution-écrite d’un Etat dans le monde, promulguée par le souverain et présentant toutes les exigences de la vie politique : indépendance à l’égard du reste du monde, tolérance religieuse à l’égard des différents groupes de la population, organisation de la justice, assurance sociale (ma’âqil), défense, relations étrangères, législation etc... Les sujets non-musulmans jouissaient de l’autonomie non seulement pour leur religion et leur statut personnel, mais également dans le domaine de la justice, de la loi et de la naturalisation etc... »[10]
L’apport de l’Islam a continué, continue et continuera.[11]
« Ce ne sont pas les musulmans qui font la grandeur de l’Islam, mais l’Islam qui fait la grandeur des musulmans. »



BOUAZZA

[1] Adoration d’Allah comme Allah le demande.
[2] Salla Allah ‘alayhi wa sallam.
[3] C’est ce qui nous intéresse ici.
[4] Adam, salla Allah ‘alayhi wa sallam.
[5] Fondée sur Alqoraane (Le Coran) qui est la synthèse, la continuation et le parachèvement du Message d’Allah (de Dieu).
[6] Bénédiction et paix sur lui.
[7] Le « r » roulé. Hégire, exil (en 622 du calendrier dit « Grégorien »).
[8] La Mecque.
[9] Le « r » roulé. Almadina, Médine.
[10] Muhammad HAMIDULLAH, Problèmes constitutionnels aux premiers temps de l’Islam, Paris, Dar Alazhar, 1988, P. 41-42.
[11] Quelles que soient les épreuves.

dimanche 18 janvier 2009

ÉCOLE



L’administration considérait que je ne remplissais pas les conditions d’âge pour être inscrit à l’école. Nous étions à Tafraoute,[1] au Maroc,[2] sous occupation de la France colonialiste qui mettait alors en place – ai-je appris plus tard – les grandes lignes de « l’indépendance dans l’interdépendance » afin d’« émanciper les indigènes ».
La maison était attenante à l’école. Mes sœurs y allaient. Pas la grande.[3] Elles m’y emmenaient parfois. L’administration le tolérait pour moi et pour quelques autres.
L’institutrice, française, donnait des cours, en français, à des élèves non français de différents âges et de divers niveaux, dans la même salle de classe. Elle prenait soin de moi et me faisait asseoir sur sa chaise. J’aimais la retrouver.
L’école était mixte. Je m’éloignais peu d’une petite fille, avec laquelle la relation continue :
– Tu veilles encore à rappeler ce dont il est important de se souvenir et qui nous a été donné avant même que nous soyons. Comment tu dis déjà ? Rappeler, c’est se souvenir de Demain. Je m’en souviens, tu sais.
– Oui, je sais.
– Tu me regardes comme lorsque tu étais un petit garçon. Avec le cœur. Et je me vois dans ton regard.
– Moi aussi je me vois dans ton regard.
– Je me vois au milieu de l’herbe, des coquelicots et des marguerites. Avec des enfants de toutes les couleurs, dans la joie du partage. Une coulée de sérénité. L’harmonie de la Foi.
La terre et le ciel se rejoignent, se mélangent, font jaillir d’autres images, d’autres couleurs, d’autres formes, d’autres mouvements, d’autres sons, d’autres sensations.
Comme avec nos parents.[4]
– J’aime t’écouter. J’aime aussi te regarder fermer les yeux pour mieux sentir les parfums.
– J’aime fermer les yeux en effet lorsque je sens les parfums par exemple, pour mieux vivre cet instant de recueillement, ce moment de grâce, cette invocation.
– J’aime quand tu me parles ainsi comme les êtres pour qui le temps ne compte pas et qui ne mesurent pas l’espace.
– Les êtres dont le souffle de l’enfant qui naît semble être l’écho du souffle qui est en eux.
– Ceux et celles qui comme nous, comme les croyants et les croyantes de Filistine[5] et d’ailleurs, veulent la parure de la piété.
– Est-ce que tu me connais mieux ?
– D’après toi ?
– Et moi, est-ce que je sais assez sur toi ?
– Tu sais beaucoup sur ma famille, ma naissance, mon enfance, mon adolescence, mon mariage, mes enfants. Tu n’ignores pas mes faiblesses, mes fautes, mes erreurs, mes égarements, mes craintes, mes peurs, mes soucis, mes difficultés, mes souffrances, mes blessures, mes chagrins, mes tristesses, mes activités, mes engagements.
– Ton Bonheur – qui est aussi le mien – de témoigner qu’il n’y a de Ilah qu’Allah et de témoigner que Mohammad est le Messager d’Allah.
– Les battements de nos cœurs, tels les battements du cœur de la Mère, que l’enfant béni garde en lui.
– Nos luttes, nos résistances.
– Notre Mémoire.
– Nos efforts pour nous améliorer.
– Notre souhait de voir germer les fleurs de notre Amour.[6]
– Notre désir de garder et de transmettre l’Espoir en la Miséricorde d’Allah ici-bas et dans l’au-delà.


BOUAZZA




[1] Le « r » roulé.
[2] Mghrib (le « r » roulé).
[3] Le temps de son existence dans l’espace ici-bas, s’est achevé en 1970. Elle avait 28 ans. Qu’Allah la couvre de Sa Miséricorde.
[4] Adame (Adam) bénédiction et paix sur lui, et Hawwa (Ève) qu’Allah l’agrée.
[5] Palestine.
[6] L’Adoration d’Allah, comme Allah le demande.

dimanche 11 janvier 2009

RETRAITE




Couleurs d’automne. Murmures sous les pieds, de parures d’arbres défeuillés. Nuages changeant de forme. Instants de pluie fine. Caresses de vent. Vols de mouettes. Baignades de canards. Clapotement d’eau. Mémoire de fleuve. Flots de pensées. Afflux d’images. Vagues de mots. Averse de paroles. Coulée de sensations. Battements du cœur, tels les battements du cœur de la Mère, que l’enfant béni garde en lui.



BOUAZZA

dimanche 4 janvier 2009

L’ESPOIR




J’espère en la Miséricorde d’Allah dans ce monde et dans l’autre.
Homme, époux, père.
Grand-père ine cha Allah[1].
Le temps qui m’est fixé par Allah, dans l’espace ici-bas continue.
Avec des enfants de Filistine[2] et d’autres, nous témoignons.
Nous témoignons qu’il n’y a de Ilah qu’Allah et que Mohammad est le Messager d’Allah.



BOUAZZA



[1] Si Dieu veut.
[2] Palestine.

mercredi 24 décembre 2008

SUR LA ROUTE DE WALMAS


Lieu, dit ‘Icha[1] Mllouk, à quelques kilomètres de Tiddas,[2] en région Zmmour,[3] direction de Walmas,[4] au Mghrib.[5]
Une humble demeure paysanne, habitation de ma mère, de son époux et de leurs enfants.
Je m’y rendais autrefois, devancé par mon cœur.
Je partais du souq[6] de Tiddas, à travers la campagne.
À pied ou à dos de mulet.
La demeure n’est plus.
Il en sera ainsi de toutes les autres.
Et de tous les êtres ici-bas.

BOUAZZA

[1] Aïcha.
[2] Tedders.
[3] Zemmour (le « r » roulé, comme dans Mghrib).
[4] Oulmès, en région Zayane.
[5] Maroc.
[6] Souk, marché.